Pézenas, ville de culture et d'art qui jadis abrita la troupe de Molière, est le joli bourg où nous attend toujours ma maison, fidèlement.
Un « pays », poète lui aussi, m'a adressé ce commentaire qui m'a fait chaud au cœur :
« Plus que l'évocation d'une demeure, ce sonnet est un manifeste, l'expression d'une philosophie, d'un mode de vie. On est tout à fait dans le genre de poésie dont je suis le partisan et le défenseur : non point classique et désuète, mais intemporelle parce que classique. La musique des vers, les évocations, les images, tout parle à mon coeur, d'autant que (petite dimension affective de mon jugement) ce joli bourg est aussi le mien. À cela s'ajoutent de subtiles références à du Bellay et au trop oublié Albert Samain. Le plan large sur la région, à travers ses points mythiques et ses éléments constitutifs, se focalise peu à peu sur l'intimité d'un petit paradis privé où semble se concentrer tout le bonheur du monde. Je voudrais l'avoir écrit.»
Entre sable et granit, Cévennes et Corbières,
Au cœur d’un joli bourg nous attend ma maison.
Nous quitterons Paris à la morte-saison
Pour le Midi, son ciel et ses vignes côtières.
Près du rosier qui court le long des vieilles pierres
Nos deux lauriers seront encore en floraison.
Là nous vivrons heureux, pleins d’usage et raison !
J'en souris par avance… en fermant les paupières.
Le rythme sera lent, paisible et régulier,
Au jardin le matin, le jour à l’atelier
Et le soir nous lirons sous les poutres saillantes
Qu’illumine un feu clair dans l’âtre hospitalier.
Puis, jetant un regard aux braises rougeoyantes :
— Il est temps, diras-tu, de monter l’escalier !