ciel étoilé



Révélation


Le soleil s’est couché, lente cérémonie,
Dans un luxe de pourpre et de métal ardent.
Un nuage s’attarde encore à l’occident
Comme un châle oublié quand la fête est finie.

La lune est déjà haute au dessus du glacier
Qui suspend au granit sa masse formidable
Et le lac à mes pieds reproduit, insondable,
Le disque opalescent dans son reflet d’acier.

Les constellations, rassurant bestiaire
Dont je suis en rêvant les contours familiers,
Allument au levant leurs astres par milliers.
La terre élève au ciel une immense prière.

Tout à coup le silence est total. Plus un bruit,
Plus un souffle. C’est l’heure énigmatique et sombre
Où le monde indécis entre le jour et l’ombre
S’apprête à recevoir l’étreinte de la nuit.

Le minéral s’endort, enclos dans son mystère
Et l’animal se tait ; le temps se meurt. Je sens
Mon souffle se mêler aux appels frémissants
Et mon mon être pesant se soumettre à la Terre…





Mais soudain l’univers bascule sous mes yeux :
L'espace me regarde – immobile prodige !
Étendu sur le sol, étourdi de vertige,
Je domine le vide et l’abîme des cieux.

Mon esprit fasciné plonge en ces eaux profondes
Et dans ce grandiose et clair fourmillement,
Ivre, éperdu d’angoisse et d’émerveillement,
J’entrevois un instant l’infinité des mondes.

Mai 2009.