Il s'agit du Parc des Buttes Chaumont, à Paris.
Un lecteur indulgent m'a laissé ce chaleureux commentaire :
« ...le refrain en tercet et les rimes récurrentes créent une sorte d'envoûtement, il y a juste ce qu'il faut de description pour créer une atmosphère, et le lyrisme élégiaque de ces beaux vers mélancoliques va droit au coeur.
Une symphonie en sol mineur qui déplore une mort et célèbre un avènement : le roi automne est mort, vive le roi hiver ; oui, mais l'hiver est le symbole de bien des choses auxquelles l'âge nous rend sensibles, et cela est exprimé ici avec juste la touche qu'il faut pour ne pas tomber dans le pathos.
L'évocation d'une chanson de notre enfance ajoute une pointe de nostalgie, comme un accompagnement en sourdine, mais bien perceptible. »
Je parcours les sentiers que la vie abandonne
Dans le Parc où le jour commence à s’assombrir.
Les feuilles sous mes pas s’envolent, c’est l’automne,
La saison des regrets, l'heure de s’attendrir.
Nous n’irons plus au bois voir l’été refleurir.
Les lauriers sont coupés, tressons-les en couronne,
Dansons, chantons l’hiver, l’automne va mourir.
Ce refrain qu’à l’oreille un vent froid me fredonne
C’est la chanson du temps qui nous reste à courir.
La feuille après la fleur se meurt et je m’étonne
D’être passé sans voir les roses se flétrir.
Nous n’irons plus au bois voir l’été refleurir.
Les lauriers sont coupés, tressons-les en couronne,
Dansons, chantons l’hiver, l’automne va mourir.
Par les chemins déserts l’écho des pas résonne.
J’ai traversé la vie en flânant, sans souffrir
Et je tremble à présent dans le soir qui frissonne
Pour ceux que j’aimerais pouvoir toujours chérir.
Nous n’irons plus au bois voir l’été refleurir.
Les lauriers sont coupés, tressons-les en couronne,
Dansons, chantons l’hiver, l’automne va mourir.