La métrique en poésie néoclassique
On trouve des poèmes néoclassiques dont la métrique suit rigoureusement le canon classique, l'aspect « néo » ne se manifestant qu'à la rime. Il en est d'autres qui s’en écartent par l’un ou l’autre des deux aspects suivants, ou les deux :
L'élision
Dans le modèle alternatif néoclassique, il est possible d’élider l'e muet à la fin des mots devant une voyelle comme devant une consonne ou une h aspirée.
Exemple :
...les feuilles séché(es) s'amassent
Lorsqu’elle est pratiquée, cette faculté ne s’applique qu’à la dernière syllabe accentuée des mots qui précèdent la césure (ou une coupe).
Exemples :
Quand aux heures pâl(es)// des matins inconnus
Sur un quai de gar(e)// dans l'attente d'un train,
[Jean-Marie Caillou]
Elles vol(ent),/ transporté(es)// par de fi/nes nué(es),
[Patrice Alzina]
Nota : Devant une voyelle ou une h muette, si l'e élidé porte la marque du pluriel (es, ent) la liaison peut se faire, prononcée alors -z- ou -t-. Exemple :
...nos dout(e)/s_enlacés
La diphtongue
En accord avec la langue moderne, le néoclassique compte pour une syllabe la plupart des diphtongues, sauf lorsqu'elles sont précédées de deux consonnes, la deuxième étant un r ou un l :
tabli-er, gri-ef, bri-oche, prou-esse…
ainsi que dans quelques autres cas où la diphtongue commence par le son o ou le son ou :
bo-a, po-ésie…
On pourra se référer au tableau des diphtongues dans LE VERS CLASSIQUE /La métrique /La diphtongue, où les cellules ocre jaune signalent les diphtongues disyllabiques en poésie classique qui deviennent monosyllabiques en néoclassique.
Et l'hiatus ?
La règle est simple :
En poésie néoclassique l'hiatus est autorisé.
Cela dit, il vaut mieux éviter d'écorcher l'oreille de l'auditeur (ou la gorge du récitant) : il alla à Amiens… !