Le rondel (2/2)

2. Le rondel ou rondeau ancien
Le rondel, en vogue entre les XIVe siècle et XVIe siècle, est un poème de treize vers, le plus souvent octo-syllabiques, construit sur deux rimes.
Il se compose de deux quatrains et d'un quintil. Les deux premiers vers du premier quatrain constituent un refrain : on les retrouve à la fin du deuxième quatrain ; seul le premier vers du refrain se retrouve dans le dernier vers du quintil.
Les rimes sont embrassées dans le premier quatrain, croisées dans le deuxième, et de nouveau embrassées dans les quatre premiers vers du quintil, selon le schéma : ABba, abAB, abbaA.

Sa structure peut toutefois comporter des variantes : le quintil peut être remplacé par un sizain dont les deux derniers vers sont formés par le refrain complet, les strophes comptent parfois un vers de plus ou de moins et certains rondels sont en décasyllabes.

Après une éclipse de trois siècles, le rondel a connu quelques succès au XIXe siècle chez Tristan Corbière, Banville, Mallarmé, Jules Laforgue ou encore Edmond Haraucourt (Partir, c’est mourir un peu).
Le rondel le plus connu de la poésie française reste Le Printemps de Charles d'Orléans :

LXIII

Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s’est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.

Il n’y a beste, ne oyseau,
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye.

Riviere, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d’argent, d’orfaverie ;
Chascun s’abille de nouveau
Le temps a laissié son manteau.

Charles d'Orléans (1394-1465),
recueil : Rondeaux.